mardi 24 janvier 2017

Poésie, art et littérature, un petit supplément d'âme pour nos enfants

Apprendre par cœur, c'est déjà assez peu à la mode, mais alors, apprendre des poésies, serait-ce le summum de l'exercice inutile ? Pourquoi donc l'infliger à nos têtes blondes instruites à la maison ?

Il me semble qu'en lisant (et faisant lire) de la belle littérature à nos enfants, poésies incluses, nous leur donnons comme un supplément d'âme, nous leur permettons d'élargir et d'affiner notre vision du monde, la perception et l'expression de nos sentiments et l'écoute de ceux des autres. Ils entrent ainsi dans une longue lignée de lecteurs et d'écrivains qui ont aimé, souffert, voyagé, médité, ri, ... et s'enrichissent au contact de ce fabuleux trésor passé.

On pourrait écrire tout un pavé sur l'importance du beau dans l'éducation des enfants (IEF ou scolarisés !). C'est un moyen de toucher l'âme par les sens (les yeux sont la porte de l'âme) : de la belle musique, des belles œuvres d'art plastique, et de belles illustrations dans les livres qu'on leur propose. 

Voilà pourquoi j'essaye de mettre ce beau au menu de nos journées, et notamment dans le cadre de l'IEF.

Par exemple, l'expression écrite s'appuie principalement sur des œuvres.


Voilà aussi pourquoi la poésie est au menu quotidien de notre routine IEF.

Parce que c'est un exercice de lecture, d'écriture, d'orthographe, pour peu que la copie soit bien faite. Mais également pour ce qu'on appelle du terme vague de "culture générale" et qui me parait tellement important. 

Concrètement, voici comment je procède. Tous les jours, Amaryllis copie quelques vers de la poésie (en ce moment, 2 vers. J'augmenterai petit à petit la dose...). Nous la lisons ensemble entièrement, cela lui suffit pour la connaître par cœur à la fin de la séquence (nous faisons une récitation à deux voix, je commence la phrase, elle continue, à fur et à mesure des jours j'en dis de moins en moins). 

Vous pouvez télécharger ici le recueil de poésies que j'ai préparé. J'y pioche au gré de sa progression en orthographe, des saisons, des envies...


Voilà enfin pourquoi je me suis réjouie de voir Amaryllis plongée dans sa première lecture. Ce n'était pas le premier livre qu'elle lisait, mais c'était la première fois qu'elle le faisait spontanément et avec persévérance.



Dialogue d'un dimanche soir mémorable :
- Amaryllis, c'est l'heure de dîner.
- ...
- Amaryllis ? Tu viens dîner ?
Silence persistantAmarylliiiiiiiis ! A taaaaaable !
- Mais Maman !!! je suis en train de lire !
- Tu continueras après, viens s'il te plaît.
- Oh non, je voudrais bien finir mon livre
Et voilà. Je vous avoue que j'ai frémi, me souvenant de mes propres immersions bibliophiles. Selon l'expression familiale, "un hélicoptère aurait pu tomber sur la maison" que je ne l'aurais pas remarqué. ;-)
Mais je sais qu'elle a trouvé la porte d'un monde merveilleux qui lui promet beaucoup d'heures de bonheur.


Quand j'avais sept ou huit ans, mon grand-père m'a offert l'Anthologie de la poésie française, de Georges Pompidou, et il m'a dit: «Si tu veux être heureux dans la vie, il faut apprendre deux vers par jour.» Je l'ai fait. Il avait raison.
J'ai découvert un savoir, une saveur de la vie que je ne soupçonnais pas, que le quotidien ne donne pas. Je n'ai pas tout compris bien sûr - pas tout entier, pas tout de suite... Mais c'était beau. C'était grand. Et finalement, c'est tout simplement que ce qu'il y a de beau, de grand, se dépose dans un cœur d'enfant pour l'enrichir, par le cœur. Mais qui maintenant aura encore la chance d'apprendre un peu de poésie - par cœur ?
F.X. Bellamy, article complet ici 

vendredi 13 janvier 2017

Visite de la mairie : mon Retour d'Expérience

Je l'avais évoqué rapidement, nous avons eu en décembre la visite de la mairie, prévue dans le cadre légal de l'IEF.

Depuis la loi du 28 mars 1882, il incombe au maire d'établir la liste des enfants soumis à l'obligation d'instruction  sur le territoire de sa commune. L'article 16 de cette même loi, codifié à l'article L. 131-10 du code de l'éducation, confie  au maire le soin de mener une enquête sur les enfants qui reçoivent l'instruction dans la famille.  Cette enquête s'inscrit dans le champ des missions que le maire exerce en tant qu'agent de l'État. Si sa réalisation peut présenter des difficultés pour certaines communes, le maire ne peut néanmoins pas s'y soustraire. Lorsque, exceptionnellement,  l'enquête n'a pas pu être effectuée, elle est alors diligentée par le préfet du département. 
Cette enquête est menée « uniquement aux fins d'établir quelles sont les raisons alléguées par les personnes responsables, et s'il leur est donné une instruction dans la mesure compatible avec leur état de santé et les conditions de vie de la famille ». Elle ne porte pas sur la qualité de l'instruction, dont la validation est de la compétence du ministère chargé de l'éducation nationale.
Elle doit intervenir dès la première année de la période d'instruction dans la famille et être renouvelée tous les deux ans, jusqu'à l'âge de seize ans.
Pour qu'elle soit pleinement efficace, il est souhaitable que la première enquête soit effectuée le plus tôt possible après la déclaration.
Les résultats de l'enquête doivent être communiqués à l'inspecteur d'académie qui pourra en tirer les conséquences pour le choix et la mise en œuvre des contrôles qui lui incombent (cf. § 3).

Je ne discuterai pas ici du bien-fondé (ou pas) de cette loi, des abus possibles, etc, mais je partage simplement mon expérience.

Je m'étais préparée à cette visite en prévoyant une date et une heure qui m'arrangeait (ce qui a permis un premier contact cordial par mail) et en veillant à ce que Pervenche et Serpolet, qui ne sont pas concernés, soient gardés ce jour là, pour que j'ai l'esprit disponible pour cette rencontre. J'avais expliqué à Amaryllis que trois dames (dont une stagiaire, annoncée) allaient venir nous voir, pour voir "si tout allait bien". Qu'elles n'allaient pas regarder son travail, mais voir comment nous étions organisées, les activités qu'elle faisait à part l'école, etc.  Elle n'a pas posé plus de questions. 

Evidemment, ce n'est pas très agréable de se dire qu'on va venir voir chez vous si vous vous occupez bien de vos enfants (c'est à peu près ça, quand même...). Mais, me disant que tout allait bien, que je n'avais "rien à cacher" et que c'était convenu dans le deal IEF, il fallait bien cocher la case (comme le dentiste, pas très sympa mais nécessaire :-) . Pardon aux dentistes qui me liront). 

Je m'étais renseignée sur le cadre légal de cette visite, son but, mes droits et mes devoirs. Je savais que les "enquêteurs" n'ont pas le droit ni de visiter les chambres ou la maison (sauf si je tiens à leur montrer !), ni le carnet de santé, ou de poser des questions personnelles (religieuses, médicales ou autres). J'étais sereine mais prête.

Le jour J : j'ai reçu ces dames dans le séjour, autour de notre table de salle à manger (encore un peu encombrée par les réalisations de Noël des enfants : cela a d'ailleurs permis un premier contact entre Amaryllis et ces personnes). Je n'avais pas cherché à "neutraliser" (rendre neutre, quoi !) notre intérieur, et donc pas décroché le crucifix ni rangé la (grande) crèche qu'elles ont eu sous le nez pendant toute la discussion (et même demandé à Amaryllis si elle avait participé à l'installation, etc). 

L'entretien a duré une demi-heure. Les enquêtrices (responsables du service social de la mairie) avaient un petit questionnaire à remplir (qui doit circuler dans le département, une amie dans une commune voisine m'avait montré son exemplaire auparavant, merci A. !). 

Après une introduction la composition de la famille (âge des autres enfants - et des parents !), la première partie concernait l'instruction : une salle dédiée ? des manuels ? un accès informatique et internet ? quel emploi du temps ? 
A tout cela j'ai répondu rapidement (ni très compliqué, ni très polémique !), puis est venue LA question : quelles sont vos raisons à ce choix de l'IEF ? Je m'en suis tenue à une réponse assez générale : "par choix familial, pour le respect des rythmes de l'enfant : vie, apprentissage, etc". Elles y sont revenues ("mais il y a des écoles dans le quartier", "oui, oui, effectivement...") etc, mais je n'ai rien ajouté de plus. Elles m'ont demandée si la scolarisation était prévue, question à laquelle j'ai répondu (en toute franchise !) que rien n'était décidé et que nous verrions cela d'une année sur l'autre. 

La seconde partie portait sur les activités hors instruction, à la maison (jeux, cuisine, etc) et à l'extérieur (pour Amaryllis, médiathèque, danse, caté, et ateliers proposés par un centre de loisirs). 
J'ai tenté d'impliquer un peu Amaryllis dans les réponses à ces questions, mais sans grand succès. Je dois dire que les enquêtrices ont bien "joué le jeu", essayant de deviner l'activité du mercredi après-midi, etc. J'ai apprécié cette attention portée à l'enfant, qui était impliquée dans la conversation. 

En conclusion, elles m'ont proposé de faire un bilan par téléphone (fait le lundi suivant) pour relire ensemble le rapport avant transmission. 
Bilan qui a été très positif, elles m'ont assurée n'avoir aucune inquiétude concernant Amaryllis (donc j'ai perdu mon pari, elles n'ont même pas recommandé plus de socialisation ! :-)) et fini la visite par "à dans deux ans, donc !".

Une bonne chose de faite !

Pour l'anecdote : Amaryllis avait dit au début les dates de naissance (sans les années, alors qu'elle les connaît) de la famille. L'enquêtrice m'a dit au téléphone avoir été très surprise qu'elle les connaisse aussi bien, ajoutant qu'elle "n'en était pas encore remise". 
J'ai été sympa et je l'ai laissé profiter sereinement de ses vacances de Noël sans lui révéler que, non seulement Pervenche les connaît aussi, mais qu'Amaryllis aurait pu lui dire aussi celles de ses (nombreux) cousins, grands-parents, et même quelques oncles et tantes :-) ....!

lundi 9 janvier 2017

Jeux de société

Avant tout, je vous souhaite à tous et à toutes une bonne et sainte année 2017 !



Noël 2016 aura été sous le signe des jeux de société. Voici ceux que nous avons testé... et approuvé !



Pour les plus jeunes (à partir de 4 ans) : le célèbre Mistigri... qui rend toute la famille heureuse : Amaryllis est heureuse de gagner et Pervenche ravie d'avoir le Mistigri. Pas de perdant ainsi :-)
Une version moderne (il est tout à fait possible d'y jouer avec un simple jeu de cartes !), d'un design sympa, coloré sur fond noir. La difficulté tient dans le fait de bien visualiser toutes les cartes de son jeu et d'y trouver les paires.




Un jeu de stratégie : le Tantrix. Pervenche n'a pas encore essayé d'y jouer, je pense à partir de 5 ans (il n'est pas facile de faire coïncider les trois branches des tuiles). Amaryllis manque un peu de vision stratégique à long terme, mais ça va venir !



Des puzzles (celui-là et celui-là), une valeur sûre ! J'avais profité d'une vente privée pour constituer un stock de cadeau... j'avais apprécié les belles photos de ceux-là (pour changer des princesses dégoulinantes de rose à paillettes ou des dessins kitchouilles que l'on trouve souvent...).




Pour les plus grands : Minivilles. Joué une seule fois, mais il a l'air sympa. Merci Gwen pour l'idée !

Et pour compléter mon post d'il y a deux ans, voici les jeux qui ont du succès chez nous.



Les très classiques : Nain Jaune, Mille Bornes, Monopoly Junior, des jeux de 7 familles, lotos en tout genre.



Nous avons emprunté à la médiathèque "Giro Galoppo" (malheureusement introuvable à l'achat...), qui a bien plu aux enfants et également aux adultes : les parties sont variées, place à la stratégie plutôt qu'au hasard !

mardi 3 janvier 2017

Conjgaison (1)

Pour l'apprentissage de la conjugaison, j'ai fait un mélange entre la méthode Montessori et celle d'Elisabeth Nuyts.

Pour la présentation typique Montessori, je vous recommande cet excellent article.
Pour la méthode Elisabeth Nuyts, je vous recommande le livre "La grammaire structurante", c'est mon nouveau livre de chevet !

La conjugaison commence quand l'enfant est lecteur et a suffisamment travaillé la grammaire pour reconnaître le verbe sans hésiter ainsi que les pronoms personnels.
Le premier objectif à atteindre est de faciliter la lecture (reconnaître les finales muettes, -s, -t, -ent, etc). Le second est bien sûr d'acquérir l'orthographe correcte.

Pour l'instant, nous n'étudions que le présent (de l'indicatif, bien sûr).
Tout d'abord, j'ai utilisé les petits verbes rouges, en mode "je lis et je place avec la fiche de contrôle, puis je compose le mot avec l'alphabet mobile 3".
Ca, c'était il y a plusieurs mois, mais Amaryllis n'avait pas du tout accroché (il fallait LIRE !), donc j'ai rangé, et je suis passée à l'étape 2 : l'apprentissage.

Premier verbe : être ! (le second sera avoir). Après un dialogue inspirée d' E. Nuyts sur le sens profond du verbe être, Amaryllis a utilisé la fiche de contrôle pour lire et placer les étiquettes rouges. Puis elle les a copiées sur son cahier de conjugaison. Enfin, je lui ai dicté des courtes phrases (exercice répété plusieurs fois, jusqu'à n'avoir plus besoin de se reporter au cahier).


Etape suivante : lui demander d'inventer des phrases utilisant le verbe au présent.

En janvier, nous recommencerons avec "avoir".